Une journée dans la vie d’une skipper Dream Yacht Charter aux Îles Vierges

15. Juin 2019

Lisa Rolland est l’une de nos skippers professionnels basée à Scrub Island Resort & Spa aux Îles Vierges Britanniques. Dans le cadre de notre série #MoreWomenatSea, Lisa nous a raconté comment elle était entrée dans le monde de la voile, sa carrière jusqu’à aujourd’hui et à quoi ressemblait une journée type en tant que skipper Dream Yacht Charter…

Quand alliez-vous faire de la voile lorsque vous étiez enfant ?

J’ai grandi au Canada et la saison était relativement courte. On naviguait donc plutôt les weekends d’été sur le voilier de mes parents, et pendant les stages de voile. Quand j’étais plus jeune, j’étais assez insupportable alors ma punition c’était souvent les corvées de bateau, ça ne me dérangeait pas et ça m’a plutôt bien préparé pour ma carrière !

 

Sur quels bateaux avez-vous navigué quand vous avez commencé ?

A peu près tout ce que je pouvais ! Le premier bateau sur lequel j’ai navigué était un Sunfish de 13 pieds, puis Optimist, 420, Laser et le bateau qui appartenait à mes parents, un Tanzer de 26 pieds (fabrication canadienne) baptisé Unplugged. Ils ont eu ce bateau à peine deux ans mais il faisait vraiment partie de la famille. On partait ensemble, les parents, deux enfants et deux chiens, naviguer sur le lac Ontario la plupart des weekends en été. Ça a vraiment consolidé mon amour de la voile.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler sur un bateau ?

J’ai commencé en voulant devenir une grande navigatrice. Quand j’étais ado, j’ai lu un livre qui s’appelait Pirates, de Celia Rees. Il se déroulait dans les années 1700 et racontait l’histoire de deux filles qui se sont enfuies de chez elle, qui se font passer pour des hommes pour pouvoir embarquer à bord d’un bateau pirate. C’est vraiment ça qui a planté dans ma tête l’idée de devenir marin. J’ai toujours imaginé cette vie en mer, romantique, stimulante et épanouissante.

J’ai commencé mon premier boulot sur un superbe ketch en bois de 7 pieds, appelé Le Mar II, en tant que matelot à Halifax, au Canada. Je surveillais ce bateau depuis quelque temps, même si le capitaine ne semblait pas pressé d’avoir une femme à ses côtés. J’ai accepté un boulot de fille de quai, chargé de la promotion du bateau à la journée juste pour avoir un pied dans le métier. Et ma persévérance a été récompensée. Peu de temps après, un nouveau capitaine, sud-africain, a pris la relève. Je lui ai tendu mon CV et mon cœur s’est mis à battre fort lorsqu’il m’a dit : « Et bien si tu sais naviguer alors pourquoi tu restes sur le quai ? » Ce jour-là, ma carrière a débutée, il a été et est toujours mon mentor.

Où êtes-vous allé après votre expérience sur le Mar II ?

Après cette expérience, j’étais devenue une navigatrice professionnelle alors j’ai décidé de me lancer à l’international. En août 2012, c’était la folie, je me suis retrouvée à Vibo Valencia dans le sud de l’Italie, après avoir décroché un boulot de premier matelot à bord d’un superbe brigantin de 145 pieds, Florette. Il s’est passé 6h entre mon entretien Skype et mon vol ! Quand j’ai chargé mon sac dans la voiture en direction de l’aéroport, je savais que ma vie allait changer.  Je suis monté à bord après 20h de voyage, j’ai dormi et je me suis mise au travail.

Ce n’était pas facile. C’était un travail exigeant physiquement, un nouveau pays, une navigation que je ne connaissance pas. J’ai été testée, physiquement, mentalement, émotionnellement, il y a peu expérience comme cela dans la vie.

C’était un bateau familial et l’équipage à bord m’a toujours traité comme si je faisais partie de la famille. Tout ce que j’ai appris à bord m’a beaucoup changé, en tant que marin mais aussi en tant que personne.

Les tâches incluaient tout ! Navigation, vernissage, ponçage, lavage, lessive, vaisselle (personne ne vous dit combien de vaisselle il faut pour naviguer !) en apprenant aux clients quelques techniques de navigation, surveillance, sécurité et bien plus encore. Grâce à Florette j’ai appris ce qu’est un travail difficile. Une de mes tâches préférées consistait à grimper à la corde pour libérer les immenses voiles. Les ranger, cependant, est une toute autre histoire !

De quoi êtes-vous la plus fière dans votre carrière dans la voile ?

C’est la chance de pouvoir occuper ce poste à un moment où les femmes sont enfin reconnues, soutenues et encouragées, même à la barre. C’est tous les jours, lorsque je réalise mon rêve, je me présente en tant que skipper, ça efface la stigmatisation et aide à normaliser la place des femmes dans la voile. Ce monde incroyable n’est plus un « club de vieux garçons », et je suis très reconnaissante envers celles qui ont ouvert la voie !

Quand avez-vous commencé à travailler en tant que skipper Dream Yacht Charter ? 

J’ai commencé à travailler avec la société en 2016. J’avais terminé ma licence Yachtmaster Offshore à Antigua et je cherchais un emploi. Le Chef de base, Thierry, m’a offert ma première chance en tant que jeune skipper, et je lui en serai toujours reconnaissante.

A quoi ressemble votre journée type en tant que skipper ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir définir une journée « type » ! Dans ma carrière, je n’ai jamais eu deux jours identiques. Que ce soit la météo, le bateau, un événement, un client, chaque jour est différent et c’est ce qui me plait !

Quelle est votre responsabilité sur le bateau ? 

Je suis à la fois capitaine, infirmière, barman, matelot, lave-vaisselle, sous-chef, ingénieur, serveuse, plongeur, guide touristique, technicienne, comptable, femme de chambre, artiste et tout le reste. C’est un métier tellement varié et c’est pour ça que j’adore, je ne me verrais pas faire autre chose !

Quel est votre plus grand défi en tant que skipper ? 

Mon plus grand défi en tant que skipper serait d’essayer de gérer certaines personnalités à certains moments. Je suis une femme, assez petite, alors ça arrive que parfois certaines personnes doutent de mes capacités. Au fur et à mesure que ma carrière avance et que je développe mon style, c’est assez gratifiant de constater que je peux changer les idées préconçues de certaines personnes.

En quoi les Îles Vierges Britanniques sont si particulières ?

C’est un paradis pour les croisières. Avec plus de 60 îles, chacun peut ramener à la maison une expérience personnalisée et spéciale. Nous avons des clients qui souhaitent profiter des aspects plus vivants et orientés vers la fête et d’autres qui prefèrent se plonger dans la beauté naturelle des îles. Il y a vraiment quelque chose pour tout le monde. Travaillant pour Dream Yacht Charter aux Îles Vierges, j’adore également les relations établies avec les autres équipages, les habitants et tous ceux qui préservent cet esprit particulier des îles Vierges Britanniques.

 

Quel secret ou astuce partagez-vous avez les clients ? 

Chercher plus loin. C’est toujours amusant de danser toute la nuit chez Foxy ou de dévorer un homard au Wonky Dog, mais je pense que la vraie beauté des Îles Vierges réside dans les spots un peu moins connus. Une de mes plages préférées pour mouiller est Savannah Bay sur Virgin Gorda. Elle a une couleur de sable et d’eau parfaite, et avec le soleil qui se lève sur la plage le matin, c’est absolument à couper le souffle.

Quelle est votre principale recommandation pour les Îles Vierges Britanniques ? 

Prenez un verre, plongez dans l’eau et profitez du soleil. Laissez la journée vous mener où vous le souhaitez et nous nous occuperons du reste.

Comment mettez-vous les invités à l’aise ? 

J’ai constaté que c’était extrêmement important d’entretenir un dialogue ouvert et honnête avec les invités. Un grand nombre de personnes avec qui nous naviguons ne connaissent pas l’environnement marin et en sont souvent tout à fait conscients. Je pense qu’il est vraiment important de faire savoir aux clients que c’est leur maison pour la semaine et que moi-même et l’équipage sommes là pour les aider à ce que leur croisière se passe de la meilleure des façons. En matière de sécurité, chaque skipper a son propre mode de communication.

Au cours de ma carrière, le mien a beaucoup évolué. C’est un grand nombre d’informations très importantes que vous devez transmettre efficacement à un groupe de personnes enthousiastes qui ne veulent tout simplement pas entendre parler de problèmes. Je suis convaincue que toutes mes anecdotes amusantes et mes jeux de mots (spirituels) permettent de faire passer les informations importantes tout en restant relax.

Qu’est-ce que les clients veulent toujours savoir ? 

« Où allons-nous ?  » Mais, je crois qu’à chaque croisière, on me demande comment je me suis retrouvé dans le nautisme, mais c’est une histoire que j’adore partager.

Quels commentaires les clients donnent ils après une location avec skipper ?

Le plus souvent, je pense que mes clients se sentent entre de bonnes mains, ce qui est super. Que vous montiez à bord d’un voilier pour la première fois ou que vous soyez déjà un habitué, le fait de posséder des connaissances locales à bord et de réduire la responsabilité en vacances permet à chacun de s’amuser sans soucis.

Quel est l’endroit que vous préférez pour naviguer ? 

Antigua, sans aucun doute. La culture de la voile, la communauté, les superbes plages, la vie marine et l’histoire en font un lieu incroyable pour un navigateur. Les Cyclades, en Grèce suivent de très près. C’est un endroit merveilleux avec suffisamment de challenges pour les plaisanciers.

Quand êtes-vous devenu monitrice de plongée et où avez-vous plongé ?

J’ai reçu mon Divemaster en janvier 2018 après avoir étudié à Bocas Del Toro, un ensemble d’îles super cool sur la côte caraïbe du Panama. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir plonger partout dans le monde en Asie, en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique centrale. Je ne peux vraiment pas vous dire ce que j’aime le plus, être au-dessus de l’eau ou sous l’eau.

Qu’est-ce que la voile vous donne que d’autres métiers ne peuvent pas ?

Faire de la voile sa carrière est vraiment lié à de nombreuses compétences et connaissances. Navigation, ingénierie, lutte contre les incendies, médecine, astrologie, météorologie et biologie marine ne sont qu’une partie d’entre elles. Il existe également un énorme degré de réseautage, de comptabilité, de relations publiques, d’écologie et de toutes les compétences des services. La volonté, la persévérance et le dévouement acquis à mesure que vous progressez dans cette industrie sont des leçons incroyablement utiles.

Souhaitez-vous faire un voyage sabbatique ? ou en solo ?

Je suis encore indécise. Je suis une personne très sociale, alors l’idée de ne pouvoir parler qu’à moi-même serait un réel défi, et je me parlerais beaucoup trop. D’un autre côté, je pense que le développement personnel à la suite d’une expérience comme celle-ci doit être incroyable. En fait, je pense vraiment beaucoup à participer au Talisker Challenge, une course d’Aviron depuis les Canaries jusqu’à Antigua.

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